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Le rocher

Elisa Sebbel

Auto-éditée

J'ai ecrit cette chronique en octobre 2017 et ce livre est toujours en moi.

 

Présentation

 

"Le rocher" se situe dans un cadre historique, méconnu du grand public. De 1809 à 1814, quelques 110000 soldats de l’armée napoléonienne furent emprisonnés sur l’île déserte de Cabréra sans rien, sans eau et avec de très maigres rations. Environ 3500 furent libérés en 1814. Des chiffres qui font froid dans le dos. C'était un des premiers camps de concentration en Europe, au début du XIXème siècle. Parmi ces soldats, il y avait une poignée de femmes. Dans ce livre, nous suivons l'histoire d'Angelique, une cantinière, veuve, âgée de dix-huit ans. Nous vivons ses amitiés, ses amours, ses deuils, ses épreuves...

 

Mon avis


Ne prenez pas peur en lisant le prologue du livre. Il est un rappel des événements historiques, nécessaire pour appréhender ce roman. J'avoue que c'est une période de l'Histoire que je connaissais mal, contrairement à Elisa Sebbel. Docteur en Littérature Française, l'auteure donne des cours dans une université espagnole et fait de la recherche. Passionnée par l’histoire, elle s’intéresse particulièrement au XIXème siècle et à l’Empire. Elle a publié de nombreux articles académiques de littérature et participé à de nombreux congrès et colloques. Le rocher est son premier roman.

J'aime les lectures qui m'apportent des connaissances, sans que je m'en aperçoive. Le travail de recherche de l'auteure est si fourni que, j'ai appris beaucoup sur ce fait de notre histoire. A la fin du livre, une série de documents authentiques, objets retrouvés sur l’île, lettre, etc... apportent un vrai plus.

 

Au départ, j'ai été surprise par la longueur des phrases. Et très vite, je me suis aperçue que ce qui me surprenait au début, me plaisait. Cela donne un charme à cette écriture, et lui donne un rythme qui, s'impose naturellement au lecteur. J'allais toujours plus loin dans ma lecture.
J'ai énormément apprécié le style de l'auteure : les mots sont recherchés, elle maîtrise l'emploi des temps. J'ai adoré que ce livre soit au passé simple. J'aime quand une plume me rappelle que la langue française est belle et riche.

 

Cette histoire est racontée du point de vue d'Angelique. Elle nous est dépeinte avec ses forces, ses faiblesses. Plusieurs signes me montrent que j'ai adhéré au personnage : il m'est arrivé de ne pas vouloir qu'elle fasse certains choix, tout en la comprenant; je voulais savoir ce qui allait se passer pour elle. J'ai une image physique d'elle qui ne correspond pas à sa description, ce qui me démontre que je suis entrée dans l'histoire, que j'en ai fait mon histoire. Je me suis aussi attachée à d'autres protagonistes : Henri, Louis, Gilles, etc... Chacun d'eux a un rôle auprès de l'héroïne : l'un est protecteur, l'autre est passionné, un autre est un vrai ami, etc...

Angélique est une femme de coeur, indépendante de caractère, avec ses passions. Nombreuses sont les femmes qui se reconnaîtront en elle. Les hommes, quant à eux, l'aimeront. 

 

L'auteure maîtrise bien les fins de chapitre. Plusieurs fois, il se passe un événement qui nous "oblige" à lire la suite. Vous savez, quand on dit "Je lis la fin du chapitre et j'arrête." Et bien non, l'annonce d'un rebondissement fait, que vous continuez la lecture.

 

Cela fait plusieurs mois que j'ai terminé ce livre et je m'aperçois que j'y pense encore. Angélique m'est toujours proche. Je ne l'ai pas oubliée. La bonne nouvelle, c'est que le dernier chapitre laisse la porte ouverte à une suite que, je lirai avec plaisir.

 

Le rocher, Elisa Sebbel