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Le Grand Vizir de la nuit

Catherine Hermary-Vieille

Éditions de L'Archipel

 

Présentation éditeur

 

Au soir de sa vie, Ahmed se souvient. Après tant d’années, le temps est venu pour le vieux mendiant de conter l’histoire de son maître Djafar al-Barmaki, jadis condamné à la mort et à l’oubli.
Trop souvent, il est passé sans rien dire devant la dépouille du proscrit, cet homme qu’il aima passionnément. Mais qui se souvient encore, en ce milieu du IXe siècle, du grand vizir Djafar, favori du calife Haroun al-Rachid, et de sa brutale disgrâce ? On dit qu’il offensa le souverain en consommant son mariage avec la princesse Abassa. Mais cet amour méritait-il la mort ? Le calife était-il donc jaloux… de sa sœur ? Ou soucieux de soumettre l’ambitieux Djafar ?
À Bagdad, sur la grand-place des artisans, Ahmed se dresse. Dix soirs de suite, au péril de sa vie, il va ressusciter le passé de la ville d’or. Inspirée par la légende des vizirs barmakides, cette histoire d’amour et de mort aux couleurs de miniature persane ressuscite la splendeur de l’Empire abbasside, comme le ferait un conte des Mille et une nuits.

 

Mon avis

 

Lisez ma chronique jusqu’au bout, svp, car le sentiment de départ n’est pas le même à la fin.

 

Pendant dix jours, la foule vient écouter un vieillard, conter l’histoire de Djafar. Dès le début, nous savons qu’elle s’est terminée de façon tragique. Ahmed, l’ancien serviteur du vizir, sentant qu’il est proche de la mort, s’attache à rendre hommage à son maître et à révéler les évènements qui ont précédé le drame. Nous sommes au IXeme siècle de l’ère chrétienne.

 

Ce livre est superbement écrit. Il est poétique et l’auteure créé véritablement une atmosphère propre aux contes des mille et une nuits. Le vocabulaire est si riche, les images si présentes, que nous sentons les odeurs, voyons les paysages, les palais, etc. Catherine Hermary-Vieille a une plume sublime.

 

Au début, j’ai été perdue au niveau des personnages, je relisais certains passages, afin de m’y retrouver. Mais ensuite, cela a été plus limpide pour moi.

 

J’ai failli abandonner ma lecture et j’avais conscience que le problème venait de moi. Je me rendais compte que je n’avais pas assez d’ouverture d’esprit. Je lisais ce livre en tant que femme occidentale du XXième siècle. Certains passages me dérangeaient car je ne m’étais pas projetée dans le contexte du Moyen-Orient au XIeme siècle. Par respect pour les Éditions de L’Archipel qui m’avait offert ce service presse, j’ai continué à lire, surtout que l’écriture est superbe.

 

Et à un moment, le déclic s’est fait. C’est lorsque le vieil homme relate l’histoire d’amour impossible de Djafar. J’ai été subjuguée par les passions amoureuses, la jalousie, les trahisons, le dévouement d’Ahmed, mais surtout par un plan machiavélique monté par le Calife. Je n’ai jamais lu Shakespeare et pourtant, j’ai pensé à lui. Une fois que je suis entrée dans l’histoire, j’ai vibré pour les personnages principaux. J’ai été très émue par la princesse Abassa. Je me suis aperçue que j’aimais beaucoup ce livre et que cela aurait été dommage de ne pas le finir. Même si je savais que l’histoire se terminerait mal, j’ai espéré que ce ne soit pas le cas.

 

J’ai trouvé certains passages magnifiques et extrêmement émouvants. Lorsqu’Ahmed racontait les derniers jours avant le drame, mes yeux se sont embués. C’est dit d’une manière qui fait monter l’émotion.

 

La fin, que je n'imaginais pas ainsi, est tragique, à l'image de la deuxième partie du roman. Je l'avais imaginée differemment, ce qui apporte de la puissance à l'histoire. 

 

Les relations politiques entre l’Irak et la Syrie et les exactions commises au nom d’un Dieu, à cette époque, m’ont beaucoup perturbée. J’ai pensé à ce qu’il se passe, à l’heure actuelle, dans cette partie du monde.

 

Conclusion

 

Bien que ce livre soit magnifique, il m’a fallu un peu de temps pour l’apprécier. Il m’a apprivoisée. Une fois que je suis entrée dans l’histoire, sans mes barrières de femme occidentale de 2018, je l’ai énormément aimé et j’ai savouré l’écriture sublime de Catherine Hermary-Vieille.

 

Le grand Vizir de la Nuit a obtenu le prix Femina, en 1981.

Merci beaucoup aux Éditions de L'Archipel pour ce service presse.