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Et l'amour aussi a besoin de repos

Drago Jangar

Editions Phébus

 

Présentation éditeur

 

Après la conquête de la Yougoslavie par les armées allemandes en 1941, la ville slovène de Maribor, historiquement germanophone, est annexée par le Troisième Reich. Dans la cité rebaptisée Marburg an der Drau, les voisins et les amis d’hier se déchirent et un mouvement de résistance s’organise dans les montagnes environnantes.



Au cœur de ce roman, trois personnages : Valentin, le maquisard, Sonja, sa petite amie, et le SS Ludwig, qu’on appelait naguère Ludek. La guerre bouleverse leur perception du monde et d’eux-mêmes, elle brise inéluctablement leurs vies.



Renouant avec la fresque historique qui a fait le succès de Cette nuit, je l’ai vue (Prix du meilleur livre étranger, 2014), Drago Jančar signe ici un très grand roman d’amour et de mélancolie.

 

Mon avis

 

J’ai découvert ce livre dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée. Je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Phébus pour cette proposition. Je pense que sans celle-ci, je n’aurais pas eu connaissance de ce roman.
Lorsque j’ai lu la présentation, j’ai eu immédiatement envie de le lire.

 

Que je suis heureuse d’avoir découvert ce magnifique roman.

 

Je lis souvent des livres dans lesquels l’action se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, mais c’est la première fois que j’en lis un se passant en Slovénie, d’autant plus par un auteur slovène.

 

À partir d’une photographie que l’on voit sur la couverture, Drago Jangar nous raconte le destin de trois personnages. Sonja, une jeune fille slovène amoureuse de Valentin, maquisard prisonnier de la Gestapo, demande à un officier nazi, Ludwig Mischkolnig, de le libérer. Cette demande est le point de départ de l’histoire et cet événement concernant ces trois protagonistes déclenche ce qui s’ensuit pour chacun.

 

Je ne peux pas parler de ce roman sans parler de l’écriture qui m’a impressionnée. Drago Jangar met de la splendeur dans la noirceur. Le style est puissant, par moments, mélancolique, puis poétique, ensuite rythmé, et toujours passionné. Les mots sont d’une très grande justesse. Il y a peu de dialogues, cependant le récit est très vivant.

 

L’analyse psychologique des personnages est superbement menée. L’ambivalence du slovène Ludwig, lieutenant SS dans sa ville, est très perturbante. J’ai eu peur de finir par l’apprécier. Cela fait froid dans le dos de découvrir qu’il travaille pour Hitler par conviction, et pourtant, il se demande s’il n’y a pas trop de prisonniers fusillés. La narration nous livre les pensées, les opinions et les actes de Ludwig, Valentin et Sonja.

 

L’auteur nous décrit aussi le maquis slovène. Nous nous retrouvons au cœur de celui-ci, avec les vrais résistants, les traîtres et la méfiance de ses États-majors dont certaines actions n’ont rien à envier aux nazis. Les descriptions de la Résistance m’ont donné l’impression d’en faire partie et m’ont fait découvrir les deux faces, celle positive et celle plus noire.

 

Ce livre provoque aussi énormément de questionnements, lorsque les victimes se transforment en bourreaux, reproduisent les horreurs du passé.

 

Conclusion

 

Et l’amour aussi a besoin de repos est tragique, dramatique, pessimiste, mais aussi lumineux et poétique. C’est un roman émouvant, désespéré, d’une très grande tristesse, mais il contient aussi énormément d’amour, d’espoir et d’envie de bonheur. L’écriture de Drago Jangar restera gravée en moi, tant sa beauté est grande.

 

J’ai maintenant envie de découvrir les autres livres de Drago Jangar, mais aussi, de découvrir les autres parutions des Éditions Phébus que je ne connaissais pas.