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Le cas zéro

Sarah Barukh

Éditions Albin Michel

 

Présentation éditeur

 

Tout commence par un cas. Incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, un certain Ali Benyoussef.
Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre pour sauver cet homme et faire éclater la vérité : si ce patient était le cas zéro de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l’on appelle « le cancer homosexuel » ?
Un thriller angoissant où Sarah Barukh, l’auteur de Elle voulait juste marcher tout droit, nous tient en haleine de la première à la dernière page.

 

Pourquoi je l’ai lu ?

 

Lorsque Babelio m’a proposé de recevoir Le cas zéro dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée, Je n’ai pas hésité une seconde. En effet, j’ai eu, l’année dernière, un coup de cœur si puissant pour Elle voulait marcher tout droit, que j’avais hâte de découvrir le nouveau livre de Sarah Barukh. Quand j’ai lu son premier roman, je n’écrivais encore pas de chroniques, cependant, je peux vous dire que c’est un livre qui m’a bouleversée et que j’ai adoré. Il fait partie des livres que j’emmènerais sur une île déserte.😍

 

Mais, au moment de commencer la lecture, j’ai eu une petite appréhension. Comme Le cas zéro est présenté comme un thriller médical, ce qui veut dire un genre complètement différent d’ Elle voulait juste marcher tout droit, j’ai eu peur de ne pas retrouver ce qui m’avait transportée dans ce magnifique roman. Pourtant, ma curiosité était très aiguisée…

 

Mon avis

 

Quelle pression pour réussir à vous faire passer tout ce que j’ai ressenti avec ce roman ! Je ne ressors pas indemne de cette lecture. Je suis complètement bouleversée. Je vais tenter de vous donner les raisons.

 

Tout d’abord, ce livre est un véritable page-turner. L’histoire est très rythmée, que ce soit au niveau de l’aspect médical, de la vie familiale du personnage principal, Laurent Valensi, de sa course contre la montre pour soigner son patient, des menaces qui pèsent sur lui. C’est un livre que l’on reprend dès que l’on en a la possibilité, qu’on ne peut pas lâcher. Il n’y a pas un moment d’ennui, les événements s’enchaînent, j’ai été à bout de souffle, tant j’étais happée par le suspense.

 

Ensuite, le sujet me parle énormément. C’est très osé de la part de l’auteure d’avoir parlé du HIV, en partant des prémices de l’épidémie. Je suis née en 1977, j’ai donc vécu mon adolescence avec la peur du sida. Mais on savait comment la contamination s’effectuait, même s’il y avait encore des fausses idées et des préjugés qui circulaient. Lorsque Laurent rencontre Ali Benyoussef et qu’il soupçonne qu’il pourrait être atteint du LAV, appelé également « le cancer des homosexuels », il ne sait pas quelles sont les précautions à prendre.


De plus, les autorités sont-elles prêtes à créer une psychose en France ?

 

Le cas zéro est aussi une histoire d’humains. J’ai ressenti dans ma chair la détresse des soignants qui sont en première ligne. Ils sont désemparés face aux souffrances des malades. Le mode de transmission n’étant pas connu, quels sont les risques pour eux-mêmes ou pour leurs proches ? Ce livre m’a fait énormément réfléchir sur les conséquences qu’une telle maladie peut provoquer pour les malades, mais aussi dans la vie des médecins. Quels risques encourus pour eux et leurs proches ?

 

Cependant, tout le monde n’est pas prêt à ce que le cas d’ Ali Benyoussef soit connu. Il ne faut pas effrayer les Français. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au scandale actuel de la maladie de Lyme, que certains soignants dénonçaient déjà il y a trente ans.

Dans ce suspense, certains sont prêts à tout pour cacher la maladie. La confrontation entre le serment d’Hippocrate et l’argent est très bien rendue.

Ali Benyoussef est considéré comme un pestiféré par certains. J’ai été bouleversée par le traitement infligé à cet homme.

 

Enfin, certains personnages m’ont énormément touchée. Laurent, ce médecin qui se bat contre plus fort que lui. L’auteur dépeint son enfance, son adolescence, sa vie. Je me suis énormément attachée à lui, mais aussi à sa petite fille. Je vous invite aussi à découvrir le docteur David, Camille, etc.  Mais, vous aurez deviné que d’autres personnages sont révoltants. Il y en a aussi, pour lesquels on ressent que la peur les dirige. Il ne faut pas oublier le contexte : une maladie mortelle dont on ne connaît rien, on ne sait même pas le mode de transmission.

 

Conclusion

 

Le deuxième livre de l’auteure a tenu, en ce qui me concerne, ses promesses. J’ai eu un immense coup de cœur pour Le cas zéro. J’ai été tenue en haleine, j’ai été bouleversée, j’ai pleuré, j’ai énormément réfléchi, j’ai été scandalisée, j’ai eu peur. J’ai analysé le comportement de chacun en tenant compte du contexte. J’ai souhaité que Laurent fasse certains gestes et en même temps, je ne le voulais pas. J’étais tiraillée, je me suis questionnée, bref, j’ai lu ce livre avec mes tripes. Je suis KO.

 

Pour la deuxième fois, un livre de Sarah Barukh m’a submergée et je pense qu’il va rester en moi, comme Elle voulait marcher tout droit. J’ai terminé ma chronique et pourtant, je n’arrive pas à sortir de l’histoire.

 

Je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Albin Michel pour cet envoi.

 

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