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La gloire des maudits

Nicolas d'Estienne d'Orves

Editions Albin Michel

 

Présentation éditeur

 

Fille d’un collaborateur exécuté sous ses yeux à la Libération, Gabrielle Valoria doit écrire la première biographie de Sidonie Porel. Mais qui est vraiment Sidonie Porel ? La plus célèbre romancière de son époque ou une imposture littéraire ? Une grande amoureuse ou une manipulatrice ?
En plongeant dans le passé de cette femme qu’elle craint et qu’elle admire, Gabrielle découvre un univers où grouillent les menteurs et les traîtres. Écrivains, politiciens, journalistes, prostituées, grands patrons : tous cachent un secret qui tue…

 

Dans Les Fidélités successives (Prix Cazes-Lipp), Nicolas d’Estienne d’Orves explorait les ambiguïtés de l’Occupation, avec La Gloire des maudits, il s’attaque aux mensonges de l’après-guerre. Ce tableau romanesque d’une France au lendemain du chaos, où l’on croise les grandes figures du Paris intellectuel et artistique des années 1950, montre que le passé nous rattrape toujours et que les guerres ne se terminent jamais.

 

Mon avis

 

Je pense que Nicolas d’Estienne d’Orves doit être un amoureux de la langue française. Grâce à ses tournures de phrases et le vocabulaire qu’il utilise, il montre toute la beauté de notre langue, il la sublime. Je suis amoureuse de l’écriture de cet écrivain.

 

La gloire des maudits est une fresque historique se déroulant après la guerre. Cependant, l’auteur le fait sous un angle peu courant, il parle de ceux qui se sont rachetés une conduite, ces partisans avec l’occupant qui, peu avant la guerre, ont effacé leurs actes et se sont faits passer pour des résistants. C’est effarant.

 

Nicolas d’Estienne d’Orves démontre également toute l’ambiguïté de cette époque, lorsque cette France qui a souffert se retrouve le bourreau de ceux qui se sont mal comportés pendant la guerre ou ont profité des largesses des Allemands. Une fois encore, il montre que tout n’est pas tout blanc ou tout noir et pousse à la réflexion sur cette période. Le besoin de justice peut pousser à commettre des actes se rapprochant de ceux des personnes jugées. La recherche de vérité, combinée au besoin d’argent, peut aussi entraîner des comportements dérangeants.

 

Le milieu littéraire est très égratigné. En tant que lectrice, je me suis interrogée sur la part de vérité et j’ai beaucoup aimé la plume incisive, ironique et emplie d’humour de ces passages.

 

La gloire des maudits mêle la réalité à la fiction, des personnages réels aux personnages imaginaires. Sidonie Porel, une héroïne créée pour ce livre, côtoie Cocteau, Gaston Gallimard, Françoise Giroud, François Mauriac, etc. et leurs relations s’imbriquent parfaitement.

 

 Les histoires s’emboîtent également. À chaque fois que l’auteur fait une révélation sur un personnage, celle-ci ouvre la porte à un nouveau mystère. J’ai eu la sensation de poupées gigognes qui relançaient l’intrigue. Car, bien que La gloire des maudits soit un roman historique, il est rempli de suspense qui en fait un page-turner. Je dois quand même reconnaître qu’un peu avant la fin, j’ai été un peu moins dans l’histoire. Cependant, je n’arrive pas à analyser si cela vient de l’histoire ou pas. En effet, c’est une partie que j’ai lue à un moment de stress. Puis, le côté addictif est revenu.

 

Je n’ai pas eu les réponses à certaines de mes questions. Peut-être dans le prochain livre ?

 

Conclusion

 

La gloire des maudits confirme mon enthousiasme pour Nicolas d’Estienne d’Orves. Il a une plume incisive et sublime, qui met en valeur la langue française. J’aime beaucoup l’originalité des angles utilisés dans ses romans. Le terme qui me vient en tête, est un « franc-parler », qui lui donne l’audace de parler des sujets que l’on cache, qui sont une part honteuse de notre histoire. Nicolas d’Estienne d’Orves a aussi un très grand talent pour écrire des histoires que l’on voit défiler dans notre imaginaire. J’ai vu les lieux, les personnages et l’époque dans ma tête. J’ai été transportée dans le Paris des années 50 et j’ai côtoyé les personnages de La gloire des maudits.

 

Du même auteur

 

Les fidélités successives (cliquez sur le titre)