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Les Crèvecoeur 2 : Germain et Raphaël

Antonia Medeiros

Silk Thread Publishing

 

Quatrième de couverture

 

Un destin unique, une obsession familiale, le poids des secrets.

 

L'Histoire et la guerre viennent une fois de plus bouleverser la passion que cultive Germain Crèvecœur pour les souliers féminins, en ravivant de douloureux souvenirs d'enfance. Otage du conflit franco-allemand dans lequel on exploite son talent et témoin d'un amour qui dérange, Germain se voit obligé de jouer les héros malgré lui pour protéger sa liberté et sa vie.

 

Il se raccroche alors à son génie créatif et tente de trouver le chemin qui mène au cœur des femmes, entraînant ainsi le lecteur dans le tourbillon de son destin exceptionnel. Trahisons, amour, secrets de famille, rien n'épargnera Germain dans sa quête du bonheur et surtout pas cette dernière confidence trouvée, bien malgré lui, au fond d'une petite boîte.

 

Entre passions et intrigues familiales, la saga des Crèvecœur est un hymne à la féminité autant qu'un voyage dans le cœur meurtri d'un homme à la sensibilité unique, qui espérait soigner son âme au fond d'une bottine pour dame.

 

Germain et Raphaël est le second et dernier volet de cette épopée familiale.

 

Mon avis

 

Lire la suite d'une saga, ça passe ou ça casse. Et là, ça passe haut la main.

 

En fait, lire la suite de la saga des Crèvecoeur m'a fait comprendre pourquoi j'avais eu l'impression de vivre la partie Romain dans une pièce sombre, pourquoi j'avais ressenti de la noirceur et de l’oppression. Ce deuxième tome m'a fait encore plus apprécier ma lecture du premier.

 

La colonne vertébrale de cette partie est toujours le secret dans ce qu’il a de plus noir et de plus beau. C’est le secret qui protège ou qui détruit. C’est aussi celui qui protège sur le moment, mais qui a des conséquences dans le futur. C’est celui pour lequel on ne sait pas si c’est mieux qu’il soit caché ou pas. C’est le secret sous toutes ses formes et sous ses différentes raisons d’être.

 

La chaussure, toujours très présente, n'est plus le fil conducteur, elle est le support, l'appui. Elle a valeur de transmission ou de représentations de comportements bons ou mauvais. Je dirais même qu’elle est personnifiée.

 

Cet opus gomme les frontières. Hermann est un nazi cruel qui a sauvé certaines personnes. Germain, un homme avec peu de courage, est forcé de travailler pour les nazis, mais ne le souhaite pas. Il sera amené à sauver une jeune femme. Cela fait deux jours que j’ai terminé ma lecture, et je continue à me questionner sur lui. Il parle de lui en termes peu flatteurs. À le lire, ses bonnes actions sont portées par des motivations égoïstes. Faut-il juger un homme sur ses actes ou sur ses pensées ? Ne faut-il pas tenir compte du bien qui a pu être fait plutôt que les raisons qui en sont l’origine ? J’ai la sensation que Germain est plus acteur de sa vie qu’il ne le pense. Le portrait psychologique qu’Antonia Medeiros en dresse est si poussé que j’ai l’impression de connaître les moindres pensées de cet homme. Aussi, ce livre m’a entraînée dans des réflexions à son sujet et j’aime quand un livre me bouscule autant.

 

L’Histoire est très présente. Nous sommes pendant la Deuxième Guerre mondiale. C’est l’Occupation. L’auteure nous montre que certaines personnes ont travaillé pour les nazis, sans être des collabos, simplement pour sauver leur vie. Elle nous décrit la rafle du Vel d’Hiv’. Elle nous montre comment il était impossible, au départ, d’imaginer l’innommable. Elle raconte cette période avec beaucoup de détails.

 

L’écriture d’Antonia Medeiros est merveilleuse. Le texte entre à l’intérieur de vous. Est-ce moi qui ai habité les pensées de Germain ou ses pensées ont-elle fait partie de moi ? J’ai été Germain, avec ses qualités et ses défauts. Même si sa personnalité n’est pas la même que la mienne, j’ai été cet homme.

 

Conclusion

 

J’avais aimé la première partie des Crèvecoeur. Ce deuxième tome me fait avoir un coup de cœur pour la saga complète. Deux jours après l’avoir terminée, je continue à me questionner sur la frontière entre le bien et le mal. C’est un livre qui m’a bousculée et qui m’a poussée dans mes retranchements. Ce n’est pas du tout un texte philosophique et il en a pourtant les effets, mais, sans les difficultés. C’est une véritable saga familiale autour du thème du secret.

 

De la même auteure

 

Le premier tome de la saga est iciLes Crèvecoeur 1 : Edith et Romain

 

Je remercie sincèrement Antonia Medeiros pour cette confiance renouvelée.