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Le fil d’argent

Rebecca Greenberg

Editions Terra Nova

 

Quatrième de couverture

 

Un jour de tempête, l’existence de Thomas Gordon bascule. Le jeune journaliste d’investigation a un accident et se retrouve plongé dans un coma de plusieurs mois. À son réveil, tout a changé : son esprit est capable de se projeter dans le passé. Peu à peu, il devient évident que ses voyages dans le temps ne sont pas dus au hasard, car Thomas est sans cesse ramené dans la France occupée des années 40. Il y découvre la vie tragique de Simon, un Juif entré dans la résistance, et de ses petites sœurs. Qu’est-ce qui rattache Thomas au drame de cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire ? L’enquête incroyable que mène le jeune homme bouleverse toute sa vie. Mais en réveillant les fantômes du passé, peut-être parviendra-t-il à racheter une faute trop longtemps restée impunie…
Et si rien, absolument rien, n’était dû au hasard ?

 

Mon avis

 

Comme je l’ai dit sur les réseaux sociaux, j’ai dévoré Le fil d’argent en deux jours. Je ne pouvais pas le lâcher, tant il m’a touchée.

 

Je ne suis pas une adepte du fantastique, hormis lorsque cela sert l’histoire. Grâce à la plume et aux explications de Rebecca Greenberg, j’ai cru, durant ces 460 pages, au paranormal auquel je suis hermétique. En effet, ces phénomènes appuient l’histoire, se marient naturellement à l’intrigue et sont explicités de façon simple mais claire. L’auteure ne cherche pas à nous convaincre, mais à nous faire voyager avec son histoire.

 

Par contre, vous avez sûrement remarqué que je lis beaucoup de livres se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fil d’argent est un magnifique livre de mémoire. Ce roman est d’une immense richesse historique. L’auteure s’est énormément documentée. La réalité se mêle à la fiction. Le destin de Simon, jeune juif résistant, croise celui de personnages inventés et celui de personnes ayant vraiment existé. J’ai été glacée par la retranscription d’émissions de radio, en 1941 : ces Français qui parlaient des Juifs d’une manière abjecte. Rebecca raconte, avec une précision inouïe, cette période trouble de l’Occupation. Elle dépeint la Collaboration, les milices, le gouvernement de Vichy, l’aveuglement de la population, mais elle rend aussi un brillant hommage aux Résistants, décrit les risques qu’ils ont pris, les drames que leurs actions ont engendrés. Des documents officiels sont intégrés à l’histoire. L’auteure a fait un travail de recherche extraordinaire qu’elle a merveilleusement retranscrit.

 

Je me suis attachée à Simon, à sa famille et à ses compagnons de combat. J’ai eu le cœur serré plusieurs fois et certains passages poignants m’ont fait pleurer. Tom m’a beaucoup touchée aussi. Mais, au fait, quel est le lien entre ces deux hommes ? Pourquoi, à dater de son grave accident, survenu en 2011, Tom est-il transporté en 1940 ? Lorsque j’ai su la raison, j’ai été soufflée, une vraie claque. Le roman est tellement bien construit que j’ai saisi tardivement le lien entre ces deux époques. L’auteure nous amène, avec subtilité et douceur, à cette prise de conscience.

 

La couverture magnifique de Mathieu Biasotto est vraiment à l’image de l’histoire, jusque dans les détails.

 

Conclusion

 

J’ai eu un très gros coup de cœur pour Le fil d’argent. Plusieurs fois, je me suis dit que c’était un livre digne des plus grands, tant par sa richesse historique, que son intrigue, sa construction, son final époustouflant et ses personnages si bien décrits, que j’ai eu la sensation de vivre auprès d’eux. Je suis entrée dans l’univers de Rebecca Greenberg et j’en ressors plus riche.

 

Le roman Le fil d’argent est cousu d’or.