IMG_3367

 

De la poussière et du vent

Cathy Borie

Librinova

 

Quatrième de couverture

 

Suite à la mort de sa grand-mère, Léa, jeune femme d'une vingtaine d'années, se penche avec sa mère sur le passé tumultueux d'Emilien, leur aïeul, après avoir retrouvé des cahiers et des objets lui ayant appartenu. Entre ces matériaux divers et les souvenirs qu'elles évoquent, les deux femmes reconstruisent pierre après pierre la vie de cet homme, leur père et grand-père, né en 1899 d'une fille-mère : ses années de déportation, ses rapports avec ses proches, mais aussi celle de sa famille et de ses descendants. Elles vont s'apercevoir que les événements ne cessent de se répercuter en multiples échos entre les êtres par-delà le temps.

 

Mon avis

 

À la mort de sa grand-mère, Léa découvre dans les affaires de celle-ci, un bracelet de déporté et des carnets ayant appartenu à Émilien, son arrière-grand-père. Avec sa mère, la jeune fille reconstitue l’histoire familiale.

 

Cathy Borie raconte le couple formé par Julienne et Émilien. Elle relate l’enfance et la jeunesse de Mina, leur fille, avec la perception de cette dernière. Les évènements survenus quand Mina avait huit ans sont retranscrits tels que cette petite fille les a ressentis. Les faits qu’elle a vécus pendant son adolescence sont narrés avec la vision d’une jeune fille. Cela renforce l’authenticité des propos.

 

Les carnets d’Emilien tentent de parler de l’indicible. Cet homme a été enfermé comme opposant politique, dans les camps. Ses écrits sont la mémoire des humiliations et des tortures subies. C’est aussi la perte de l’espoir quand les hommes ne sont plus considérés comme des personnes, qui peut conduire à l’irréparable. Mais c’est, aussi, cette solidarité qui peut se manifester, pour sauver quelques vies.

 

À la Libération, Émilien n’est plus le même. Mais il lui est impossible de raconter l’horreur. Cependant, il ne veut pas que l’on oublie.

 

À travers la vie des descendants de cet homme, Cathy Borie démontre que la vie des ancêtres a une incidence sur les générations suivantes. Ce qui n’est pas dit se répercute sur celles-ci. Le poids du passé, s’il n’est pas exprimé, peut influer sur leur destin.

 

Je lis beaucoup de livres sur la Deuxième Guerre mondiale, et pourtant, ce livre m’a apporté des éléments que je ne connaissais pas, en particulier un événement qui est arrivé à la libération d'Emilien. De plus, les camps, racontés par lui, donnent l’impression de vivre les souffrances des déportés de l’intérieur.

 

Conclusion

 

De la poussière et du vent est un livre de mémoire et de transmission intergénérationnelle. Il est aussi une très belle description de l’évolution des façons de vivre, tout au long du siècle dernier. Malgré les thèmes abordés, la plume de Cathy Borie est juste, jamais larmoyante. Cependant, même si je l’ai dévoré et que je l'ai aimé, j’ai la sensation d’être passée un peu à côté de ce livre. Je pense que certaines de mes barrières personnelles ne m’ont pas permis de m’investir entièrement dans l’émotion. Peut-être est-ce un roman que je devrais relire à un autre moment ?

 

Je remercie sincèrement Cathy Borie pour ce service presse.

 

De la même auteure

 

Dans la chair des anges