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L’affaire Léon Sadorski

Romain Slocombe

Éditions Points

 

Quatrième de couverture

 

Depuis que les nazis occupent Paris, l’inspecteur Léon Sadorski coffre les Juifs pour les expédier à Drancy tout en empochant des pots-de-vin. La Gestapo l’arrête et le transfère à Berlin pour une série d’interrogatoires dignes de Kafka. Le but des Allemands en le terrorisant : en faire leur agent et lui confier une mission « spéciale ». Mais à son retour en France, quand une jeune femme est assassinée et que la police SS confisque l’enquête, Sadorski décide de faire justice lui-même, en dépit de tous les dangers…

 

« C'est bien plus qu'une enquête policière pendant l'Occupation. C'est un vrai roman historique, puissant, passionnant, ultra-documenté. »
Bernard Poirette, « C’est à lire », RTL

 

Premier volet de la série Sadorski

 

Mon avis

 

Je me suis déjà demandé quel aurait été mon comportement pendant la guerre. Me serais-je cachée ? Aurais-je eu le courage de réaliser des actes de résistance ? Qu’aurais-je dû faire pour sauver ma vie ou celles de mes enfants ? N’ayant, fort heureusement, pas vécu à cette époque, il est impossible de répondre à cette question. Ce qui est certain, c’est que je n’aurais pas été comme Léon Sadorski.

 

Sa collaboration avec les Allemands ne trouve pas son origine dans un danger pour sa vie. Ce policier zélé est convaincu que les personnes juives ou communistes doivent être déportées. Il partage l’idéologie nazie et n’hésite pas à travestir les faits pour augmenter les arrestations. Il n’a aucun scrupule et croit être dans le vrai. Cependant, il lui arrive, contre quelques billets, de sauver quelques vies. Cette anguille ne refuse pas des pots-de-vin qui lui permettent de gâter sa femme.

 

Au premier abord, Léon Sadorski pourrait passer pour un homme ordinaire, un homme banal. Son attitude et son discours change en fonction de ses interlocuteurs et de ses intérêts. Mais ses motivations et ses convictions sont abjectes. Le dernier paragraphe du livre montre le cynisme effarant et l’horreur du personnage. Il introduit la suite, dont le titre est L’étoile jaune de l'inspecteur Sadorski.

 

Lors de ma lecture, je me suis représenté les scènes sans couleurs, noires, comme le contenu de cette histoire. Romain Slocombe décrit une France sous la Collaboration. On ressent que l’auteur s’est énormément documenté. Ce qu’il relate est glaçant et dérangeant. Des faits réels sont entremêlés à la fiction. Des personnalités célèbres côtoient les protagonistes du roman. Des rapports de police sont retransmis. Les méthodes de la Gestapo sont décrites avec détails. C’est un livre qui met mal à l’aise et qui, est, pourtant, passionnant et qu’on ne lâche pas.

 

Sadorski aimerait nous faire ressentir de l’empathie pour lui, lorsque les choses tournent mal pour lui. En fait, c’est un personnage que l’on aime haïr. J’ai le deuxième tome, L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski, et je le lirai avec l’espoir que cet anti-héros subisse le retour de bâton.

 

Au début de l’ouvrage, figure cet avertissement : »Ni l’auteur ni l’éditeur ne cautionnent les propos tenus par le le personnage principal de ce livre. Mais ils sont dans le reflet de son époque […]. » Cela laisse présager de l’ambiance et la teneur de ce roman noir.