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La gueule de leur monde

Abram Almeida

Auto-édité

 

Quatrième de couverture

 

Lorsqu'un jeune diplômé africain se décide contre tout bon sens à rejoindre la horde de migrants qui tente de traverser la méditerranée pour atteindre l'Europe, on se doute déjà que quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde. Mais comme tous ces indésirables fuyants la guerre, la famine ou Dieu sait quelle autre calamité dont seul le tiers monde a le secret, il a ses raisons.

 

Il est pourtant bien loin de s'imaginer ce qui l'attend au cours de son périple où rien, mais alors vraiment rien ne se passe comme prévu. Dehors il y'a désormais des djihadistes qui redessinent la figure du monde à l'arme lourde, des forces de l'ordre qui ne savent plus où donner de la matraque, des malfrats de tous bords qui font des affaires avec des vies humaines, le tout dans le dos de gouvernements trop occupés à se refiler tout ce monde de misère envahissante.

 

Notre héros lui ne voit pourtant aucune incohérence à toutes les invraisemblances de ce monde, c'est un Candide des temps modernes. Avec trois compagnons de route aussi touchants que comiques, il arpente les sentiers de la migration sans se soucier de ses dangers. Ces drôles de lurons arriveront-ils au terme de leur voyage ? Celui-ci en vaudra-t-il la peine ? Quoi qu'il en soit, l'Europe n'a qu'à bien se tenir... Ils arrivent !

 

Mon avis

 

Lorsque l’auteur m’a proposé son livre en service presse, j’ai beaucoup hésité. J’ai eu peur de lire un récit culpabilisant au sujet des migrants. Aussi, quelle heureuse surprise de découvrir le ton de ce roman.

 

Le héros est un jeune Africain qui décide de tenter sa chance en Europe, après avoir rencontré des migrants sur le départ. Il part sans avertir sa famille préalablement. Il leur laisse simplement un mot qu’ils découvriront lorsqu’il sera déjà loin.

 

Ce jeune homme raconte son périple et nous fait part de ses réflexions au sujet des Chinois, des Africains, des Occidentaux, etc. Durant son voyage, il vit des horreurs, mais ne les relate jamais en tant que telles. Il s’exprime avec une candeur d’enfant, fait des remarques emplies de naïveté et cette innocence donne au récit une couleur de cynisme. Il trouve toujours des raisons pour expliquer la violence dont il est victime. Ces prétextes sont dits sous la forme d’humour, le sarcasme est sous-jacent, mais pourtant, le ton est tellement aimable que les éléments sarcastiques sont énoncés avec gentillesse. Le héros semble en empathie avec le monde entier et pourtant le sens caché de son ironie bienveillante montre sa lucidité.

 

Le style de narration a pour conséquence que l’on ne s’apitoie pas sur ces êtres qui endurent des épreuves, on sourit même, et subitement, on prend conscience que ce que nous lisons est une histoire poignante et que nous ressentons de l’émotion. Sous couvert de dérision, l’auteur délivre une analyse fine et pertinente de l’état de monde, sans faire preuve de jugement. Le fait que ce texte soit dénué de culpabilisation provoque une réflexion en nous qui, je pense, laissera son empreinte en moi. Ce roman est une superbe surprise pour moi.

Je remercie sincèrement Albram Almeida pour ce service presse.