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Tant bien que mal

Arnaud Dudek

Alma Editeur

 

Quatrième de couverture

Un petit garçon rentre de l’école. Un homme portant une boucle d’oreille lui demande s’il peut l’aider à retrouver son chat. Il conduit une Ford Mondeo. La forêt est toute proche.
Le petit garçon de sept ans est mort en partie ce soir-là et n’en dira rien à personne.
Délicatement, Arnaud Dudek monte sur le ring. Il raconte comment vit et grandit un enfant violé. Comment il devient adulte, père. Et ce qu’il fait lorsque, vingt-trois ans après les faits, il reconnaît l’homme à sa voix.

 

Mon avis

 

Ce livre se lit différemment selon le vécu. Je me suis interrogée sur la part de vérité dans cette histoire.

 

Le texte est brut, épuré. Tout est dans la suggestion. Du drame aux conséquences, l’auteur pose des mots et le lecteur lit, en lui-même, ce qu’il y a derrière eux. J’ai beaucoup réfléchi à ce roman, après l’avoir lu. Il a continue à résonner en moi. Un jour, mon supérieur m’a reproché mon manque de confiance en moi et m’a dit que même pour choisir un plat au restaurant, j’étais longue. Ce souvenir est remonté en moi, car le narrateur dit qu’une des répercussions de ce qu’on lui a fait subir est son indécision.

 

Ce roman, avec peu de mots, amène le lecteur à une prise de conscience. Certains se demanderont pourquoi personne n'a vu le mal-être du petit garçon, mais les adultes ne donnent-ils pas les réponses à leurs questions lorsqu’ils demandent à un enfant ce qui ne va pas ?

 

J’ai aussi pensé au devoir des parents de sensibiliser les enfants aux manipulations des prédateurs. J’ai, toujours en tête, des vidéos d’un test qui a été fait par une association. Tous les parents étaient persuadés que leur enfant ne suivrait pas un inconnu pour l’aider à chercher son animal. Malheureusement, ils l’ont tous fait.

 

Ce roman effleure aussi la culpabilité de s’être tu, d’avoir laissé le coupable libre d’agir à nouveau. Mais aussi la culpabilisation de la victime qui a vécu cet enfer.

 

Conclusion

 

Ce livre, c’est l’histoire d’une construction, Tant bien que mal, lorsque l’on est un survivant. Ce sont les rituels mis en place pour tenir. C’est le déni et la réapparition de la cause du cauchemar. De manière poétique, l’auteur évoque l’horreur, sans jamais déranger, sans mots crus, sans atermoiement. Les respirations et les silences en disent autant que les mots. C’est une histoire qui fait réfléchir après l’avoir refermée.