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  L’Enfant des murmures

Alain Delage

Éditions de Borée


Présentation éditeur

 

Nommé à Esteilhargues, Henri Castan, jeune abbé déterminé, pense y trouver la sérénité d'une paroisse rurale. Mais il va découvrir, par l'entremise d'Augustine, sa servante au fort caractère, que le village subit d'incessantes querelles entre les paroissiens et les anticléricaux, menés par le maire en personne. Dès son arrivée, il est appelé pour calmer la colère d'Achille Mestre envers sa fille Céleste, qui ne souhaite pas se soumettre au mariage arrangé par son père. Epaulé par Augustine, qui semble étrangement émue par cette discorde, l'abbé va prendre fait et cause pour la jeune fille, sans se douter qu'il s'engage dans une quête personnelle tout à fait invraisemblable...

 

Mon avis

 

Un prêtre atypique, une servante qui n’a pas la langue dans sa poche, des querelles de village, mais aussi, la lutte de certains laïcs envers l’Eglise, à l’époque des divisions de l’Eglise et de l’Etat, une fille qui réfute l’autorité de son père, mettent en place le climat de l’histoire.

 

En 1895, l’abbé Castan est muté dans le petit village d’Esteilhargues. L’auteur a inventé le nom de cet endroit et j’ai beaucoup aimé les explications sur le choix de ce nom, présentes en début de livre. Le soir de son arrivée, le prêtre est appelé pour traiter un différend entre Achille Mestre et sa fille Céleste. Cette dernière refuse d’épouser l’homme que son père a choisi pour elle et, le patriarche, ne veut pas qu’elle se marie avec l’homme qu’elle veut. Désireux d’apaiser les relations familiales, l’homme d’Eglise accueille la jeune femme au presbytère, le temps de trouver une solution. Il n’hésite pas à donner son opinion à Achille Mestre, au sujet des mariages arrangés.

 

Cependant, Henri Castan n’a pas anticipé les conséquences de sa proposition…

 

L’histoire est racontée du point de vue du prêtre. J’ai énormément aimé cet homme, plein de bonté, mais aussi d’énormément d’humour et doté d’un très grand sens de la répartie. Sa conception de la religion est d’un grand modernisme pour cette fin de XIXème siècle. J’ai apprécié sa manière d’appréhender le mensonge, en fonction de la situation. J’ai été touchée par son altruisme et le fait qu’il n’hésite pas à mettre en danger sa réputation pour le bien de ses paroissiens.

 

Augustine, la servante du presbytère, m’a profondément émue. Bien qu’elle soit un personnage fort en voix, elle a de nombreuses fêlures et blessures.

 

Bien que certains éléments de l’intrigue se devinent assez vite, c’est un plaisir de suivre le cheminement des protagonistes pour les découvrir. Sous fond de secrets, de nombreux thèmes sont traités dans ce roman. Les échanges entre le maire républicain et l’abbé sont savoureux et posent la question de ce qu’est la laïcité et des frontières entre ce principe et l’intolérance. Ce livre montre aussi la difficulté d’être une fille-mère à cette époque. Il traite aussi le sujet de l’abandon. Aucune moralisation dans L’enfant des murmures mais, pourtant, cet ouvrage provoque une réflexion sur de nombreux sujets.

 

Conclusion

 

J’ai dévoré L’Enfant des murmures pour lequel j’ai eu un très gros coup de cœur. Écrit avec une plume alerte et vive, la plongée dans ce village de 1895, avec ses querelles entre le clergé et la municipalité, ses personnages au caractère bien affirmé, les secrets de famille et les thèmes abordés, tels que l’abandon, l’autorité patriarcale et la perception des filles-mères, est délicieuse. Je suis triste de quitter l’abbé, Augustine, Céleste, etc. à qui je me suis énormément attachée.

Du même auteur

Les rubans de la vengeance

 

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée et Alain Delage pour l’envoi de ce livre dédicacé.