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Souvenirs d’une invisible

Alain Gerber

Éditions Marivole

 

Quatrième de couverture

 

Il s’agit de l’histoire de Sonia, orpheline de mère et fille de Samuel Breldzerovsky, ancien sergent du tsar Nicolas II Aleksandrovitch, exilé Russe d’origine juive venu s’installer à Belfort au début du XXe siècle. Sonia traverse le demi-siècle et ses deux guerres, en faisant les mauvais choix, persuadée pourtant qu’elle faisait les bons. On suit son parcours social chaotique, entre son amie Mathilde Grunbaum qu’elle envie, le pâle Joseph Lentz qu’elle épouse à défaut de son frère, le brillant Victor, et leurs enfants Boris et Mathilde, alias Hélène. Elle place en Boris les espoirs de réussite sociale qu’elle n’a pu réaliser. Boris entre au Conservatoire et devient violoniste, mais à une carrière de virtuose il préfère la sécurité d’un simple musicien d’orchestre. Une fresque familiale et sociale acide et sans concession, où sont évoqués au passage les petits métiers et les grandes ambitions déçues, dans cette ville de Belfort que l’auteur connaît bien, pour y être né. Dans une langue épurée et un traitement sans concession de ses personnages, Gerber a écrit là un roman que l’on pourrait qualifier de naturaliste, sur lequel plane les univers littéraires de Maupassant ou de Flaubert de L’Éducation sentimentale.

 

Mon avis

 

Dans cette fresque familiale et sociale, plusieurs thèmes sont évoqués. A travers Sonia, l’auteur décrit la place des filles dans une fratrie, au début du XXeme siècle. Il dépeint également le lien qui unit une mère à son fils, lorsqu’elle projette ses rêves d’élévation sociale sur son enfant, et ainsi les vit par procuration. Alain Gerber démontre aussi comment une décision peut déterminer le reste d’une existence.

 

J’ai beaucoup aimé ce roman, tout en nuances. Le narrateur ne brosse pas le tableau dans son ensemble, il raconte certains faits, en omet d’autres et le lecteur déduit ce qui est caché. Les personnages sont bien détaillés, cependant leurs actes sont le plus souvent suggérés.

 

Le texte est écrit en douceur et en subtilité. Il y a le récit brut et il y a ce qui est induit. La représentation que le lecteur se fait de l’histoire est bien suscitée par Alain Gerber, mais elle n’est pas soufflée entièrement, une grande part est laissée libre.
Même le titre, qui prend tout son sens à la fin, peut s’interpréter de deux façons, en fonction de notre sensibilité.

 

Conclusion

 

J’ai beaucoup aimé Souvenirs d’une invisible. C’est un roman tout en finesse et en suggestion, qui traitent de thèmes sociétaux du siècle dernier.

Je remercie sincèrement les Editions Marivole pour ce service presse.