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L’auberge du gué

Jean Siccardi

Éditions Calmann-Lévy

 

J'ai lu L'auberge du gué dans le cadre de Top Lectrice 2018 France Loisirs. Merci au Club pour cet envoi. Ce livre est présent dans le nouveau catalogue France Loisirs.

 

Mon résumé

 

Antoine Rabuis est le dernier enfant d'une fratrie de treize, chiffre qui porte malheur, selon les villageois. Fruit d'un père alcoolique et d'une mère maltraitante, il est l'enfant de trop, l'accident. Nous sommes à la fin du XIXème siècle, début du XXème.

 

Un jour, son père l'emmène à la ferme du Saut du Loup, chez les Bertrand, et l'abandonne. Ces braves gens, qui souffrent de ne pas avoir d'enfant, le garde.
Antoine a enfin trouvé une vraie famille. Grâce à l'aide du maire de Dignes, qui est leur ami, ce couple adopte Antoine, qui devient Antoine Noël Bertrand, puis son prénom se transforme en Noël. Il peut enfin aller à l'école, lui qui a tant de facilités.

 

1914, la guerre est déclarée et Noël et ses amis sont mobilisés...

 

Mon avis

 

J'ai beaucoup aimé la transformation d'Antoine lorsqu'il entre dans la famille Bertrand. Ce garçon, rejeté par ses parents, s'épanouit grâce à l'amour de ceux qui prennent soin de lui. Jean Siccardi montre l'éclosion de la personnalité de l'enfant et c'est très intéressant de le voir se construire. En effet, c'est le respect de la vie, inculqué par ses parents adoptifs, qui sera à l'origine de ses décisions futures. Silvère et Madeleine Bertrand sont des personnages très attachants, qui aiment Antoine avec sincérité.

 

À la campagne, au début du XXème siècle, les superstitions sont nombreuses. C'était très amusant de les découvrir. L'auteur révèle aussi les us et coutumes de l'époque. J'ai apprécié ce tableau sociologique qui se marie très bien à l'histoire : la visite très attendue du colporteur, les mariages de raison pour agrandir un terrain, etc.

 

Puis, arrive le temps des amours pour Antoine, qui est devenu Noël, à la suite de son adoption officielle. Dans ces passages, j'ai regretté que les idylles ne soient pas traitées plus en profondeur. Les jeunes femmes, que le jeune homme séduit, semblent avoir une personnalité très tourmentée. Pour moi, ces passages étaient soit en trop, soit pas assez poussés.

 

Lorsque la guerre est déclarée, en 1914, Noël est mobilisé. Cependant, il est réfractaire à toute forme de violence. L'auteur montre la différence de perception de ce combat, selon le grade. Les grands chefs de l'armée ne souffrent pas comme ceux qui se battent dans les tranchées. Jean Siccardi n'hésite pas à écorner l'image du Maréchal Joffre, il raconte ce conflit comme il est peu souvent décrit. Il relate aussi de quelle manière étaient perçus les déserteurs. C'est passionnant de découvrir cette période sous cet angle. Dans L'auberge du gué, le sujet de la guerre permet au romancier de rendre hommage à la vie.

 

Par moments, j'ai ressenti certaines longueurs. Des passages sont très beaux à lire, mais cassent le rythme de l'histoire, ce qui fait que j'ai un avis mitigé sur ce livre. Par moments, j'étais passionnée par l'intrigue, puis, la dynamique du récit était brisée par des descriptions.

 

Conclusion

 

J'ai aimé L'auberge du gué mais j'ai eu l'impression de rester à distance, lors de certains passages.

 

C’est un beau roman du terroir qui décrit la vie au début du siècle dernier, ainsi que les coutumes et les croyances de l’époque. L’auberge du gué montre aussi que l’amour de parents adoptifs peut transformer la vie d’un enfant. Ce livre est une ode à la vie humaine et animale. J’ai apprécié découvrir cette période du point de vue des déserteurs qui refusaient la violence des combats.