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Varsovie-Les Lilas

Marianne Maury Kaufmann

Éditions Héloïse d’Ormesson

 

Quatrième de couverture

 

L’histoire qu’on traîne derrière soi, il faudrait pouvoir la déposer quand elle ne nous va plus. Francine la trimballe, et voudrait bien s’en délester. Mais à qui raconter ? Aux psys, aux amis d’autrefois, à cette araignée de Dina ? Et si elle parlait plutôt à cette drôle de fille-là, qu’elle a croisée dans le bus où elle bourlingue toute la journée ? Dans Paris qui scintille, la bonne oreille n’est pas toujours celle que l’on croit !

 

Sur le trajet Varsovie – Les Lilas, une femme est décidée à faire triompher la vie. La vie, contre l’indicible blessure qui hante les rescapés. Guidée par sa plume énergique et tendre, Marianne Maury Kaufmann vous invite à un voyage imprévisible aux sentiers escarpés, où la vie est têtue, et belle !

 

Mon avis

 

 Nous ne savons pas beaucoup de choses sur la vie de Francine. Et pourtant, sa date et son lieu de naissance permettent d’en deviner les drames : elle est née le 16 mai 1939 à Varsovie.

 

Francine est veuve et semble autant désirer sa solitude que la fuir. Pour cela, elle passe ses journées dans le bus 96 des lignes parisiennes. Elle est veuve, mais semble avoir été toujours seule, même accompagnée.

 

Elle souhaiterait se délester de son histoire. Elle jette son dévolu sur une autre femme seule. Cette relation à sens unique et apparemment toxique va, paradoxalement, bouleverser les choses établies dans la vie de Francine.

 

Tout au long de l’histoire, nous ressentons la solitude de la vieille dame, en ayant la sensation qu’elle ne veut pas en sortir, que c’est sa bouée de survie. Au fil du livre, notre regard change à la même vitesse, que Francine évolue. Marianne Maury Kaufmann montre que l’apparence d’une vie et une attitude peuvent cacher des failles profondes. Elle montre qu’il est facile de croiser un regard dans un bus et de se faire une image fausse de la vie d’une personne. Elle donne envie de tendre la main à ceux qui ne savent pas exprimer leurs souffrances tant ils les ont cachées. Elle alerte sur le fait que ceux qui ne s’expriment pas ont des choses à décharger et qu’une main tendue peut tout changer. Il suffit, parfois, d’un petit geste.

 

En peu de pages, elle dépeint aussi les comportements de ceux qui utilisent la détresse des autres pour soulager la leur. Elle décrit que, certaines fois, sauver les autres, peut permettre de se sauver soi-même.

 

Varsovie-Les Lilas, à travers le parcours d’une femme seule, passe un message d’espoir et donne envie de prêter attention à ceux qui croisent notre route sans que l’on connaisse leur histoire. Marianne Maury Kaufmann réveille les consciences en montrant ce que les apparences peuvent cacher et qu’il suffit d’une parole pour faire exister l’autre.