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La guerre en soi

Laure Naimski

Éditions Belfond

 

Quatrième de couverture

Paul est un garçon fugueur. Dans sa ville au bord de la mer affluent des hommes qui espèrent franchir la frontière. Avec eux, Paul a trouvé son combat. Une camionnette, des affiches à coller la nuit en catimini. L’ordre aux habitants de ne plus tirer les rideaux sur ceux qui rôdent sous leurs fenêtres. Un jour, Paul disparaît définitivement. Louise se tient debout dans le cercle. Ses mots éclatent : « Mon fils est mort. Il avait vingt-sept ans. » Louise cherche un coupable. Sur la plage balayée par un vent glacial, elle épie un homme à vélo, parmi ceux qui fuient la guerre…

 

À travers l’histoire de Louise et de Paul, Laure Naimski nous plonge de manière vertigineuse dans un deuil impossible attisé par la figure de l’étranger. Un roman puissant dont l’écriture aiguisée traque les symptômes d’une guerre en soi.

 

Mon avis

Louise a cinquante-six ans et est veuve depuis dix ans. Elle est dans un groupe de paroles pour parler de son fils, Paul. Ce dernier est mort à vingt-sept ans. Cette mère en souffrance a besoin de trouver un coupable. Pour elle, il s’agit de l’étranger, celui qui fuit la guerre. Ce sont les migrants qu’elle accuse. En effet, le combat de Paul était de les aider.

 

Même si je n’ai pas adhéré à tous les propos de Louise, j’ai entendu son cri de détresse. Dans ce roman, elle déverse tout ce qu’elle a sur le cœur, tout ce qu’elle n’a pas compris, tout ce qu’elle n’a pas accepté au sujet de Paul. J’ai eu la sensation d’un cri continu, incessant pour dire sa colère et son chagrin. J’ai perçu sa quête d’un responsable pour ne pas s’écrouler.

 

Même si je ne suis pas certaine d’avoir saisi toute l’essence de ce livre, j’ai aimé la poésie des phrases. J’ai aimé la plume de Laure Naimski, remplie d’images. Même si je n’ai pas toujours compris, j’ai aimé la mélodie des mots, comme une musique funèbre, lorsque les notes sont étirées et créent une pesanteur. J’ai ressenti la tristesse.

 

Bien que je n’aie pas ressenti beaucoup d’empathie pour Louise, je l’ai écoutée et je l’ai entendue.

 

C’est un sentiment étrange de terminer un livre en me disant que je n’ai pas tout compris et de penser, que pourtant, je l’ai beaucoup aimé.

 

La guerre en soi est un roman noir et dérangeant, servi par une plume magnifique.

 

Je l’ai reçu dans le cadre d’une masse critique privilégiée et je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Belfond pour cet envoi.