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 L’expédition de l’espoir

Javier Moro

Éditions Robert Laffont

France Loisirs

 

J'ai lu L’expédition de l’espoir dans le cadre de Top Lectrice 2018 France Loisirs. Merci au Club pour cet envoi. Ce livre est présent dans le nouveau catalogue France Loisirs.

 

Quatrième de couverture

 

La formidable saga de l’une des plus grandes prouesses humaines de tous les temps et de ceux qui l’ont accomplie, contre vents et marées.

 

Le 30 novembre 1803, un bateau quitte le port de La Corogne sous mille acclamations et applaudissements. À bord, une vingtaine d’orphelins, des enfants de tous âges, qui partent avec la plus noble des missions : porter le vaccin contre la variole, à peine découvert, de l’autre côté de l’océan, en Amérique. Les accompagne la douce et maternelle Isabel Zendal, chargée de prendre soin d’eux. Les héros de cette folle expédition, dirigée par l’intransigeant médecin Francisco Javier Balmis et son généreux assistant Josep Salvany, devront affronter tempêtes et naufrages, et se heurteront à l’opposition du clergé, à la corruption des élus et à la cupidité de ceux qui cherchent à s’enrichir aux dépens des plus démunis.

 

Aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes prouesses humaines de l’Histoire, cette aventure a été portée par le courage de ces enfants, sur qui reposait la vie de tant de gens, mais aussi par l’audace de deux hommes que tout opposait, si ce n’est leur amour pour la seule femme à bord.

 

De quoi ça parle ?

 

Isabel a treize ans lorsque sa mère meurt de la variole, le 31 juillet 1788. Aînée de la famille, elle est placée dans une bonne famille pour s’occuper des enfants. En effet, elle a appris à lire avec le curé de son village, dans un groupe où elle était la seule fille.

 

Francisco Javier Balmis, un médecin ambitieux, est parti à l’autre bout du monde, pendant onze ans, laissant femme et enfant, pour ses recherches médicales. Il a réussi à soigner certains cas de syphilis. Alors que la variole tue beaucoup de monde en Espagne, mais aussi dans les territoires appartenant à l’Espagne, le roi décide de lutter contre l’épidémie.

 

Jusqu’à maintenant, c’était la variolisation qui était utilisée. Il s’agissait d’inoculer le virus de la variole avec pour objectif d’empêcher la maladie.

 

Balmis est chargé de monter une expédition afin de propager la méthode Jenner. Ce médecin anglais a étudié la variole chez les vaches : elle est moins virulente que celle des humains. Sa méthode consiste à inoculer le virus bovin chez l’homme. C’est le début de la vaccination.

 

Pour transporter le vaccin jusqu’en Amérique, le médecin va mettre en place une chaîne. Il va partir avec des enfants. Afin que le sérum soit conservé, le virus passera de bras en bras. En raison de la difficulté de convaincre des parents de laisser partir leurs petits, ce seront des orphelins qui constitueront cette chaîne humaine, sans que leur avis soit demandé. Isabel prendra soin d’eux. 

 

Quant au Docteur Josep Salvany, il sera l’assistant de Balmis. A chaque étape, l’expédition formera les soignants des villes afin que toute la population soit vaccinée.

 

L’expédition a commencé le 30 novembre 1803.

 

Mon avis

 

L’expédition de l’espoir relate un fait historique méconnu. Après ma lecture, j’ai fait des recherches sur internet et j’ai trouvé très peu de choses sur cette expédition qui était, pourtant, un projet de grande envergure et qui a fait beaucoup pour la médecine. La variole est complètement éradiquée depuis 1980, le dernier cas connu date de 1977, grâce aux campagnes de vaccination. C’est une maladie qui tuait énormément. Découvrir que l’origine de la lutte contre cette maladie date du début du Xixème siècle, avec tous les moyens qui ont été mis en œuvre, m’a énormément surprise et je regrette que ce sujet soit si peu connu.

 

D’un point de vue historique, ce livre est très complet. Javier Moro relate les difficultés rencontrées, l’accueil qui n’a pas toujours été chaleureux dans les villes. Son récit fait réfléchir car, à certains endroits, l’appât du gain était plus important que la santé publique. A notre époque, on parlerait de scandale sanitaire. De plus, d’un point de vue éthique, j’ai eu des moments pendant lesquels j’étais partagée. Ces orphelins ont été emmenés au bout du monde pour sauver les populations, en formant une chaîne humaine (le vaccin passait de bras en bras afin de le conserver). Or, personne ne leur a demandé leur avis et certaines conséquences ont été terribles.

 

Si ce n’avait pas été un roman, je ne l’aurais sûrement pas lu. Les détails sont si complets et les données sont tellement accessibles, qu’une semaine après ma lecture, je me souviens de tout ce que j’ai appris. Et je retire une certaine fierté de connaître ce pan de l’histoire de la médecine. La forme romancée a permis que ma lecture soit très agréable et que les faits s’impriment dans mon esprit, sans effort de ma part.

 

En effet, l’auteur nous décrit la vie de ceux qui ont participé à cette grande avancée. Ce sont des personnages réels, mais qui nous semblent proches. Javier Moro commence son récit des années avant le départ du bateau. Aussi, une proximité se crée entre le lecteur et les passagers. Cela permet également de mieux appréhender la personnalité de chacun, leurs réactions et ce qui les a construits. Isabel est particulièrement touchante, j’ai beaucoup aimé cette femme. Elle a apporté de l’humanité dans cette expédition médicale, elle s’est révoltée quant au traitement des orphelins.

 

Même si certains passages sur les difficultés de navigation m’ont paru longs, j’ai compris leur nécessité pour connaître les obstacles rencontrés par l’expédition.

 

Conclusion

 

Ce livre m’a beaucoup marquée tant le sujet est époustouflant. Je suis persuadée que je n’oublierai pas ce que j’ai appris, tant le récit s’est imprimé en moi. Javier Moro relate ces évènements peu connus, de manière si vivante, que je suis sûre qu’ils resteront gravés en moi. L’auteur a fait un formidable travail de recherche et a su retransmettre de façon limpide l’histoire, le contexte et les enjeux de cette grande avancée médicale.

 

C’est incroyable que cette expédition concernant les premières vaccinations soient si peu connues. Je pense que l’origine de cette grande avancée devrait être plus connue surtout à notre époque où les vaccins sont si contestés.